



Les micro-organismes et les cycles


Le sol est composé de particules d’un grand spectre de taille, allant du micromètre au mètre. Entre ces particules, du vide, beaucoup de vide, dans lequel se propagent gaz, liquide et solide. Les cavités et porosités dans ces vides, de toutes formes et de toutes tailles, sont autant d’habitats différents pour les micro-organismes qui occupent ces lieux. Les micro-organismes sont donc très diversifiés dans le sol : la moitié des espèces de bactéries que l’on connaît vivent dans le sol ; pour les champignons, c’est 9 espèces sur 10. Sous nos pieds, ce sont donc des communautés entières, des mosaïques d’espèces qui vivent et mangent ensemble.
Comme nous, beaucoup de micro-organismes sont hétérotrophes. Pour manger, ils ont besoin de récupérer de l’énergie en se nourrissant de matière organique, c’est-à-dire de carbone. Dans le sol, il existe une diversité incroyable de sources de matière organique pour une bactérie ou un champignon :
- une feuille qui vient de tomber,
- une souche d’arbre,
- un bout de racine,
- une déjection de ver de terre,
- une carcasse de nématode,
- ou même un autre micro-organisme déjà mort.
Et comme nous, les micro-organismes respirent : ils relâchent du carbone sous forme minérale, le CO2.
Tout ce festin de matière organique fait beaucoup de restes : une grande quantité de carbone se retrouve momentanément figée dans le sol, parfois pendant des centaines, voire des milliers d’années. D’ailleurs, ce carbone organique présent dans le sol représente à lui seul trois fois plus de carbone qu’il n’y en a présent dans l’atmosphère sous forme de CO2.
Que font les nématodes dans tout ça ? Les nématodes bactérivores, par définition, mangent les bactéries présentes dans le sol. À travers cette action, ils jouent un rôle de régulateurs des activités bactériennes du sol, et donc de la quantité de carbone organique dans le sol.
Le carbone organique dans le sol est un sujet d’actualité. À travers l’initiative 4 pour 1000, les scientifiques et les acteurs en lien avec le sol au niveau mondial ont pour but d’augmenter le stock de carbone, en combinant ainsi sécurité alimentaire, santé des sols et mitigation du réchauffement climatique.
Prendre en compte les nématodes dans le cycle du carbone, c’est donc aussi bien s’intéresser à la santé des sols qu’à la sécurité alimentaire.

